23/06/2008 - Paris -
Pour cette dernière donc, une belle affiche, à mi-chemin entre l’Afrique et les Antilles. En guise d’introduction, les parisiano-congolais de Bido Groove Moto. Léger sur le fond comme sur la forme, le groupe commence à jouer devant un public épars : il n’est que 18H30 ! Bido Mondiba, congolais du XVIIIe arrondissement de Paris chante avec humour en lingala et français les galères d’un Africain à Paris.
Puis Jean Racine monte sur scène. Le jeune Sénégalais se rappelle qu’il a passé plusieurs Fêtes de la musique ici même au Ministère de la Coopération, assis sur la pelouse à la place du public… Ravi d’être sur scène, il déploie une belle énergie à chauffer le public, entre électricité seventies et textes sensuels. Porté par un groove implacable, il entame African Motown, un morceau enregistré à New York en hommage au fameux label de soul américaine… La fête de la musique peut enfin commencer.
Sans traîner, Moun Karayib, fait lever le public, qui très vite, se met à danser. Véritable orchestre pan-caribéen, le quatuor s’appuie sur les rythmes traditionnels des Antilles et plus particulièrement de la Guadeloupe et de la Martinique, comme le gwo ka, le bélè, mais aussi le zouk ou la biguine pour mettre en valeur une identité antillaise contemporaine. Un beau moment de fête, visiblement très apprécié par le public de l’hôtel de Montesquiou…
C’est ensuite au tour de Bélo de monter sur scène. Haïtien et lauréat du prix RFI Musique du Monde en 2006, il présente les morceaux de son second album, Référence. Certains titres de Lakou Trankil, son premier disque, ont été réarrangés, avec une couleur plus jazz-rock. Moins intimiste, Bélo réussit néanmoins à séduire une foule de plus en plus compacte. Mais à en croire l’ovation réservée à Davy Sicard, on en conclut qu’une partie du public est venue pour l’applaudir…Il entame Au nom des pères, des fils et des sains d’esprits. Le public reprend les paroles en chœur… Pour son Maloya Kabosé, Davy pose sa guitare et lui préfère le kayamb, instrument traditionnel réunionnais, largement utilisé dans le maloya. De l’autre côté de la barrière, des dizaines de fans dansent et chantent en créole réunionnais…
Mais au bout de quelques minutes, il faut déjà rendre la scène pour Bido Groove Moto qui clôture la soirée, avec les mêmes morceaux qu’en fin d’après-midi. La boucle est bouclée.
L’hôtel de Montesquiou a une dernière fois, permis une belle rencontre entre les artistes et leur public…
Eglantine Chabasseur