Chronique album
ParisÂ
04/06/2009 -Â
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Après Alkibar (1999) et Niger (2006), le chanteur de Niafunké revient avec son groupe Alkibar pour perpétuer les messages du grand fleuve. Au fil d’une digression politique et musicale, l’héritier d’Ali Farka Touré sublime la tradition en tamashek, songhaï, peul, bambara,… érige un haut-parleur polyglotte qui diffuse des thèmes hétéroclites et primordiaux sur l’unité malienne, la religion musulmane, les cultes vaudou, l’immigration, ou l’hommage aux défunts….
La rudesse des sujets abordés ne contredit pas la douceur hypnotique du traitement : une transe irrésistible et puissante charrie dans son blues un appel à la conscience qui ne saurait se démentir, mais s’élève au détour de chaque note, de chaque rythme. Pour chacun des propos, Afel Bocoum le prédicateur choisit la couleur adaptée, éveille l’attention des auditeurs, ouvre grandes leurs oreilles, avec sa musique, ce vecteur.
Né d’un territoire singulier (Niafunké et le Mali), son art résonne à l’universel ; fruit du passé, il se tourne vers l’avenir ; enfant du blues, il conte l’espoir ; au service du politique, il touche la spiritualité… : il y a du mystère dans le chant d’Afel qui fait des miracles, et sait si bien guérir la pensée et les âmes.
Anne Laure Lemancel
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04/06/2009 -Â
02/06/2006 -Â