Paris
18/06/2009 -
En appuyant sur le bouton de l’ascenseur qui monte au studio de répétition, Cheick Tidiane Seck prévient : le concert prévu le lendemain va se faire "à l’arrache". Mais les yeux rieurs du vétéran malien laissent deviner que travailler presque sans filet est une situation qui ne l’inquiète aucunement. Et quand il constate quelques instants plus tard qu’il est, avec le percussionniste Madou Koné, le premier arrivé sur place alors qu’il a lui-même plus d’une demi-heure de retard, cela ne le perturbe pas davantage.

Il en profite pour essayer les claviers installés dans la pièce, attendant patiemment ceux qu’il a sollicités pour ce rendez-vous destiné à préparer leur prestation commune sur scène. "Ça m’aide à avoir une ébauche de conducteur, pour être plus à l’aise, même si je crée la synergie sur place le jour", explique celui qui fait office de maître de cérémonie de la Jam’ Sahel depuis la première édition. Pour lier les univers musicaux variés de tous ses invités, il a sa méthode : "Avec une certaine section rythmique, je mets en place des tourneries qui correspondent à plein de grooves du monde entier. Si les musiciens savent s’écouter, la magie est possible."
Une action de sensibilisation

A 22 heures, le batteur algérien Maamoun Dehane donne ce qui devait être le dernier coup de baguette au final étourdissant emmené par Mohamed Diaby, candidat de la première édition de l’émission malienne Case Sanga, dont la voix est tout simplement impressionnante. Mais personne ne semble pressé de partir, et comme Baba Sissoko vient tout juste d’arriver, Cheick Tidiane Seck propose à son compatriote de conclure la soirée avec un solo de n’tama, le petit tambour d’aisselles. Petit à petit, les autres percussionnistes s’installent derrière, et les voilà à nouveau dix sur scène ! On n’arrête pas aussi facilement une Jam’ Sahel…
Deux questions à Cheick Tidiane Seck Chef d’orchestre et véritable colonne vertébrale de la Jam’Sahel, ce pilier de la scène musicale africaine n’hésite pas à défendre les causes qui lui tiennent à cœur.
Faire passer un message en musique, est-ce votre conception du rôle que les artistes doivent jouer ? |
Bertrand Lavaine
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