ParisÂ
23/06/2009 -Â

Neuf ans plus tard, il ira accueillir le Duke à la gare du Nord, et l’emmènera faire le bœuf au Tabou, son préféré des multiples clubs qui fleurissent sur le bitume de l’Après-guerre. Non loin de là , le même Vian sera à la fondation du Club Saint-Germain, rejoignant régulièrement l’orchestre sous la direction de Jean-Claude Fohrenbach. Dans les deux, l’écrivain éminent membre du Hot Club de France dès 1937 viendra souvent souffler dans son cornet.
Et quand il écrit les premières lignes de L’écume des jours, il s’inspire d’un chorus de Ben Webster ! Touche-à -tout par goût et libertaire dans l’âme, Boris Vian se multipliera pour défendre les lendemains qui swinguent autrement, tant comme directeur artistique chez Philips, où il va donner du boulot à tous les soutiers du genre, que comme chroniqueur virulent à Jazz News puis Jazz Hot, entre autres colonnes qui abritent sa plume aiguisée.

La plupart de ces textes, du genre corsés, sont regroupés dans Chroniques de jazz et Autres écrits sur le jazz. C’est aussi lui, auteur d’un explicite C’est le be bop, qui signera nombre de chansons qui font mieux que de n’être que de pâles bluettes jazzifiées ! C’est encore lui, sous des noms d’emprunts hauts en couleur, qui trouve le temps de poser des mots érudits et fleuris sur les disques d’amis jazzmen. Et c’est déjà lui qui signa au tournant des années 1950, Jazz In Paris, une émission radiophonique censée faire découvrir le jazz made in France sur les ondes américaines ! Tout un programme qui dura deux ans et quarante-cinq émissions. Et en avant la zizique …
Jacques Denis
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